Vous rêvez de brackets et de fils métalliques ? Ou vous hésitez encore à plonger tête la première dans neuf années d’études ? La même interrogation revient sans cesse : “en 2026, combien gagne réellement un orthodontiste ?” Pour couper court aux fantasmes comme aux discours catastrophistes, voici un tour d’horizon chiffré, nourri des dernières données de l’Ordre et des syndicats, mais aussi du quotidien des praticiens. Objectif : un panorama clair, sans poudre aux yeux.
Combien gagne un orthodontiste en 2026 ? Les chiffres clés
D’abord les ordres de grandeur, histoire de poser le décor :
- Chiffre d’affaires annuel en libéral : entre 350 000 € et 600 000 €
- Revenu professionnel net (avant impôt sur le revenu) : 160 000 € à 250 000 € par an
- Revenu mensuel net avant IR : 13 000 € à 20 000 €
- Salariat : 4 000 € à 8 000 € brut par mois (soit 3 000 € à 6 000 € net)
- Internes spécialisés en orthodontie : 1 700 € à 3 000 € brut selon l’année d’internat
Ces fourchettes peuvent sembler larges ; c’est le reflet d’une multitude de paramètres : statut (libéral ou salarié), rythme de travail, localisation, stratégie d’équipement numérique, sans oublier votre façon d’optimiser les charges sociales et fiscales.
Salaire moyen d’un orthodontiste en France en 2026
Net, brut : de quoi parle-t-on ?
Pour répondre à la question qui brûle toutes les lèvres — « combien par mois ? » — il faut distinguer trois niveaux :
- Le chiffre d’affaires : tout ce qui rentre sur le compte du cabinet.
- Le revenu professionnel : ce qu’il reste après avoir payé locaux, matériel, personnel et cotisations sociales.
- Le revenu disponible : le solde une fois l’impôt sur le revenu acquitté.
Pour un orthodontiste libéral à temps plein (4 à 5 jours hebdomadaires), les tendances 2026 donnent :
- Cabinet individuel « classique » : 350 000 € à 450 000 € de CA annuel.
- Structure bien implantée ou véritable clinique d’orthodontie : 500 000 € à 700 000 € — parfois plus.
En appliquant un taux global de charges (sociales, professionnelles, fiscales) entre 55 % et 65 %, le revenu professionnel net oscille donc entre 150 000 € et 250 000 € par an, soit 12 500 € à un peu plus de 20 000 € par mois avant l’IR.
Côté salariat (hôpital, centre de santé, clinique privée) :
- Débuts de carrière : 4 000 € à 5 000 € brut mensuels (3 000 € à 3 700 € net).
- Orthodontiste confirmé, responsable de service : 6 000 € à 8 000 € brut (4 500 € à 6 000 € net).
En clair, le libéral bien rôdé peut gagner deux à quatre fois plus qu’un salarié. Reste le revers de la médaille : investissement matériel lourd, risque entrepreneurial et paperasse en pagaille.
Cinq ans de recul, ça donne quoi ?
De 2021 à 2026, trois tendances dominent :
- Un CA moyen en hausse de 10 % à 20 %, boosté par l’explosion des traitements esthétiques (aligneurs, orthodontie précoce).
- Une pression croissante sur les marges : salaires du personnel, consommables, loyers… tout grimpe.
- La digitalisation : scanners 3D et logiciels pointus gonflent le panier moyen par patient mais alourdissent la colonne « investissements ».
Résultat : le revenu net grimpe légèrement, mais moins vite que le CA brut.
Orthodontie vs salaire médian français
En 2026, le salaire médian en France tourne autour de 2 100 € à 2 200 € net mensuels. Face à cela :
- Orthodontiste salarié débutant : environ 3 000 € net (1,4 × le salaire médian).
- Orthodontiste libéral moyen : 12 000 € à 15 000 € net avant IR (6 × à 7 × le médian).
Oui, la spécialité reste l’une des plus rentables… à la hauteur de la longueur des études et des responsabilités.
Ce qui fait varier la rémunération d’un orthodontiste
Libéral, salarié ou mixte : quel impact sur vos revenus ?
Pas de suspense : votre statut est le premier facteur de dispersion.
- Libéral pur : revenus potentiellement les plus élevés, mais corrélés au nombre de patients, à l’organisation et, bien sûr, aux charges URSSAF, CARCDSF, matériel, loyer, salaires, etc.
- Salariat : revenu plafonné mais stable, zéro matériel à financer, horaires souvent plus cadrés.
- Exercice mixte : un pied à l’hôpital pour la sécurité et le réseau, l’autre en cabinet pour doper le chiffre.
À temps plein, le libéral peut gagner deux à trois fois plus qu’un salarié, mais il porte à lui seul le risque financier et la gestion.
Où s’installer ? La carte change la donne
Paris ou campagne ? Le duel n’est pas si simple.
- Grandes métropoles : patientèle solvable, forte demande, loyers exorbitants et concurrence rude.
- Villes moyennes ou périurbain : souvent le meilleur ratio CA/charges ; c’est là que nombre de confrères font leurs plus belles marges.
- Zones rurales : peu de concurrence, aides à l’installation, mais plus de soins conventionnés et moins d’actes purement esthétiques.
En clair : un cabinet bien placé dans une ville moyenne peut dégager autant — parfois plus — qu’une adresse huppée dans la capitale, charges nettement inférieures à l’appui.
Volume d’actes et panier moyen
Le revenu se joue sur trois leviers :
- Combien de patients ?
- Quel panier moyen ? (bagues métal, céramique, aligneurs…)
- Et comment le cabinet est organisé ? (délégation aux assistantes, nombre de fauteuils, temps de passage…)
Les adeptes des aligneurs et de la 3D voient souvent grimper le CA par patient, moyennant des coûts labo plus élevés.
Charges et fiscalité : ce qu’il reste réellement
Un CA de 500 000 € ne veut pas dire 500 000 € dans la poche — loin de là. Alors, où part l’argent ?
Cotisations sociales
URSSAF, CARCDSF, CSG/CRDS, prévoyance… Selon les situations, 35 % à 45 % du bénéfice file dans la case « cotisations ».
Dépenses de fonctionnement et investissements
Orthodontie rime avec matériel onéreux (fauteuils, scanner intra-oral, radio, stérilisation) et charges courantes (loyer, salaires, consommables). Comptez généralement 30 % à 40 % du CA.
BNC ou SEL : un choix stratégique
Exercer en BNC (nom propre) simplifie la paperasse mais limite l’optimisation. Passer en SELARL ou SELAS ouvre la porte aux dividendes, à la holding, et peut rogner quelques précieux points sur le couple « charges + impôts » dès qu’on dépasse un certain seuil de bénéfice.
Calculateur express : estimez votre revenu net
La règle de trois
Vous partez de votre CA annuel ; retranchez :
- 30 % à 40 % de charges de fonctionnement.
- Sur le bénéfice restant, 35 % à 45 % de cotisations sociales.
Au final, il vous reste grosso modo 40 % à 50 % du CA avant impôt sur le revenu.
Un exemple concret
CA 2026 : 450 000 €.
- Charges de fonctionnement (35 %) : 157 500 €
- Bénéfice avant cotisations : 292 500 €
- Cotisations sociales (40 %) : 117 000 €
Revenu professionnel net : 175 500 € par an, soit environ 14 600 € par mois avant l’impôt sur le revenu.
Après IR (25 % à 35 % selon votre foyer), vous atterrissez autour de 9 500 € à 11 000 € nets par mois.
Orthodontie et autres spécialités dentaires : qui gagne quoi ?
Omnipratique vs orthodontie
En moyenne, l’orthodontie rapporte plus. Mais un omnipraticien très orienté prothèse ou implantologie peut rivaliser, voire dépasser certains orthodontistes.
- Omnipratique libérale : CA 250 000 € à 350 000 € ; revenu net 100 000 € à 160 000 €.
- Orthodontie libérale : CA 350 000 € à 600 000 € ; revenu net 160 000 € à 250 000 €.
Implantologie, chirurgie orale : le haut du panier
- Implantologie/chirurgie orale à forte activité privée
- Orthodontie libérale bien rodée
- Omnipratique haut de gamme (esthétique, prothèse)
La hiérarchie varie selon la région, le profil de patientèle et le niveau d’équipement.
Début de carrière : internes et jeunes diplômés
Pendant l’internat
- 1ʳᵉ année : 1 700 € à 2 100 € brut (gardes non comprises)
- Années suivantes : 2 100 € à 3 000 € brut
Au final, un net oscillant entre 1 300 € et 2 300 € par mois.
Premier poste salarié ou collaboration
- Salarié débutant : 3 000 € à 4 500 € net mensuels.
- Collaboration libérale (temps partiel) : 5 000 € à 8 000 € net, souvent croissant avec la patientèle.
Installation : ticket d’entrée et coups de pouce
- Cabinet neuf : 300 000 € à 600 000 € d’investissement.
- Rachat de patientèle ou parts de SEL : parfois au-delà de 500 000 €.
- Aides ARS, exonérations en zone sous-dotée, dispositifs ACRE ou ZRR : à étudier de près pour alléger la facture.
Bien conseillé et bien placé, un jeune praticien peut atteindre un revenu net à cinq chiffres mensuels dès les premières années.
Études et formation : l’investissement avant le jackpot
Le parcours en bref
- Première année PASS/LAS ou équivalent
- Six ans pour décrocher le diplôme de chirurgien-dentiste
- Trois ans d’internat (DES d’orthopédie dento-faciale)
Soit neuf années post-bac.
Combien ça coûte ?
- En France : frais d’inscription modiques, mais coût de la vie variable.
- À l’étranger : 5 000 € à 15 000 € par an dans certaines facs européennes.
Une fois diplômé, un revenu net de 150 000 € à 200 000 € par an permet de rembourser prêt étudiant et prêt d’installation en cinq à dix ans. Beaucoup estiment avoir « rentabilisé » leur formation avant 40 ans.
Regard au-delà des frontières : Suisse, Belgique, Pays-Bas, Canada
Niveaux de revenus
- Suisse : plus de 250 000 € à 300 000 € nets annuels pour un libéral ; salariés entre 10 000 CHF et 18 000 CHF brut par mois. Pouvoir d’achat grignoté par un coût de la vie très élevé.
- Belgique : revenus comparables à la France, avec une variabilité nord/sud.
- Pays-Bas : 200 000 € brut annuels possibles, pénurie dans certaines zones.
- Canada : salaires élevés en métropole, système largement privé.
Reconnaissance des diplômes et conditions d’exercice
Suisse : procédures cantonales parfois longues. Pays-Bas/Belgique : plus fluide, mais la langue est incontournable. Canada : équivalences et concours à prévoir.
Retour d’expérience d’expatriés
Oui, les revenus grimpent, mais la pression sur la qualité, le rendement et les horaires suit la même courbe. Le projet de vie global prime donc sur le simple salaire.
Numérique et orthodontie : booster ou gouffre ?
Scanner intra-oral, planification 3D, aligneurs transparents… tout cela fait grimper le panier moyen et améliore l’expérience patient. Mais les abonnements logiciels et les coûts labo pèsent sur le résultat, au moins les premières années. Après amortissement, les cabinets les plus digitaux voient un vrai gain : plus de traitements, pas forcément plus d’heures au fauteuil.
Temps de travail, genre et revenus
La profession se féminise et, plus globalement, beaucoup choisissent un temps partiel confortable : 2 ou 3 jours par semaine. Mécaniquement, le revenu diminue, tandis que les charges fixes restent. D’où l’essor des cabinets partagés ou des SEL à plusieurs associés. À activité équivalente, hommes et femmes touchent la même chose ; la différence vient surtout du nombre d’heures consacrées au cabinet.
Cap sur 2030 : à quoi ressemblera le marché ?
D’ici la fin de la décennie, on s’attend à une demande toujours soutenue, à davantage de concurrence (cabinets multi-sites, plateformes low-cost) et à une digitalisation poussée (télé-suivi, IA diagnostique). Conserver un haut niveau de revenu passera par l’adaptation technologique, un positionnement clair et une veille réglementaire active.
Combien gagne vraiment un orthodontiste en 2026 ?
Pour résumer sans tourner autour du pot :
- Libéral temps plein : 150 000 € à 250 000 € net par an (12 500 € à 20 000 € par mois avant IR).
- Salarié : 3 000 € à 6 000 € net mensuels.
- Interne : 1 300 € à 2 300 € net mensuels.
Tout se joue sur le mode d’exercice, la localisation, l’organisation du cabinet et la stratégie fiscale. L’orthodontie reste, avec l’implantologie et la chirurgie orale, l’une des spécialités dentaires les plus rémunératrices.
Envie de chiffres adaptés à votre projet ? Discutez avec des orthodontistes en activité, testez le petit calculateur présenté plus haut et, surtout, prenez rendez-vous avec un expert-comptable aguerri aux professions de santé. Entre omnipratique, ortho ou expatriation, il existe forcément un scénario qui colle à vos ambitions.
Questions fréquentes sur le salaire des orthodontistes
Quel est le salaire d’un orthodontiste par mois ?
Un orthodontiste libéral gagne entre 13 000 € et 20 000 € net par mois avant impôt. En salariat, le revenu mensuel net varie de 3 000 € à 6 000 € selon l’expérience et le poste occupé.
Qui gagne plus entre un dentiste et un orthodontiste ?
En général, un orthodontiste gagne plus qu’un dentiste. Le revenu net annuel d’un orthodontiste libéral peut atteindre 250 000 €, contre environ 120 000 € à 150 000 € pour un dentiste généraliste.
Quel niveau d’étude faut-il pour devenir orthodontiste ?
Pour devenir orthodontiste, il faut suivre 6 années d’études en odontologie, puis 3 années supplémentaires de spécialisation en orthodontie, soit un total de 9 ans d’études après le baccalauréat.
Quelle spécialité dentaire est la plus rémunératrice ?
L’orthodontie est l’une des spécialités dentaires les plus rémunératrices, avec un revenu net annuel pouvant atteindre 250 000 € en libéral. Les chirurgiens maxillo-faciaux peuvent également avoir des revenus élevés.
Pourquoi les orthodontistes gagnent-ils autant ?
Les orthodontistes gagnent bien grâce à la forte demande pour les traitements, les tarifs élevés des soins spécialisés et l’investissement important en matériel et expertise. Leur longue formation et leur spécialisation justifient également ces revenus.
Combien gagne un interne en orthodontie ?
Un interne en orthodontie gagne entre 1 700 € et 3 000 € brut par mois, selon son année d’internat et les gardes effectuées. Ce salaire augmente progressivement au fil de la spécialisation.

Je suis David Bey, rédacteur pour Compareil.fr, un site dédié à aider les ménages français à mieux comprendre l’univers parfois complexe des assurances, mutuelles et produits financiers.
Passionné par la vulgarisation et la clarté, j’ai à cœur d’expliquer simplement ce qui semble compliqué : garanties, exclusions, remboursements, tarifs, astuces pour payer moins… Mon objectif est toujours le même : vous aider à faire les meilleurs choix pour protéger votre famille, votre budget et votre avenir.


